Snacking écologie

La snacking écologie, qu’est-ce que c’est ?

C’est s’informer sur le sujet extrêmement complexe et systémique des équilibres des écosystèmes et de l’environnement en consommant des contenus de type snack.

Qu’est-ce qu’un contenu de type snack ?

C’est par exemple une vidéo de 2 minutes jouant sur l’émotionnel en présentant soit de très belles images des écosystèmes à protéger, soit des images effrayantes d’atteinte à l’environnement qu’il faut faire cesser1 .

Exemple mix « belles images » et « images effrayantes » :

Exemple de la méthode « images effrayantes » :

C’est par exemple de courts articles qui parleront tout de suite aux personnes sensibles au sujet de l’environnement. Toujours basés sur des données scientifiques mais présentées de façon partielle et partiale.

La vision de l’écologie qui est délivrée est tout à fait binaire et manichéenne.

L’idée étant dans tous les cas de ne jamais trop complexifier le message.
Pourquoi ? Pour faire passer à l’action le plus rapidement possible. Car trop de données ou trop de choix a tendance à ralentir ou bloquer le passage à l’action.

Qu’est-ce que le passage à l’action ?

Le passage à l’action c’est libérer sa conscience à moindre frais et faire diminuer sa dissonance cognitive. C’est faire un don à une association ou une ONG qui pratique la snacking écologie, sans donner de son temps à l’action de terrain.

En un mot, c’est faire un don pour se rassurer d’entendre le : « À sauvé la planète » tout comme ceux qui vont voter une fois tous les 5 ans pour se rassurer d’entendre le : « À voté ». C’est pourtant se désengager de l’engagement.

Bien sûr, il y a des militants davantage engagés qui vont donner de leur temps à cette association. Mais combien iront jusqu’à l’action de terrain concrète autre que le happening ou la collecte de fonds.

Rattrapage.

Si on ne fait pas de don, un rattrapage est toujours possible en partageant le contenu de type snack. L’idée étant qu’un contenu de type snack attirera toujours plus de réactions et notamment de partages sur les réseaux sociaux qu’un document long et austère mais rendant compte de la complexité d’un sujet, typiquement le PDF d’une étude ou d’un rapport scientifique.

Or, pour s’attaquer sérieusement à un problème, il faut d’abord identifier correctement ses causes, ce que, par définition, ne permet pas la snacking écologie.


N.B. : Je ne dis pas que toutes les associations procèdent de la sorte.

Procéder de la sorte demande un budget communication et marketing important. Seules peuvent se le permettre des organisations de taille importante.

Le problème que je souhaite soulever ici est que ces organisations de taille importante perdent en efficacité (leur rendement écologique baisse). L’augmentation en taille et en complexité de ces organisations fait qu’une partie croissante des dons qu’elles reçoivent sert à son fonctionnement interne plutôt qu’à des actions de terrain. Autrement dit, elles perdent en efficacité au fur et à mesure qu’elles gagnent en taille.

C’est un peu ce qu’à démontré Joseph Tainter.

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Notes :
1  : Voir le concept de Fear Marketing qui consiste à jouer sur l’émotion, sur l’aspect sensationnel et donc à faire peur pour parvenir à ses fins. Le but étant de récolter de l’argent par ce biais (vendre un produit, un service ou via un nombre de clics sur une publication en ligne). Le fear marketing est également très utilisé en politique à des fins électorales.
Peurs qui peuvent être fantasmées (non rationnelles) notamment en passant sous silence la différence entre les notions de risque et de danger ; en ne parlant que des risques mais pas des bénéfices dans la balance bénéfices / risques.



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