Michel Magny, « Aux racines de l’anthropocène. Une crise écologique reflet d’une crise de l’homme »

L’anthropocène serait ce moment où l’impact d’Homo sapiens sur la planète est devenu visible sur l’ensemble de celle-ci : une crise écologique globale.

Comment, d’une poignée d’individus sortant de l’Afrique aux alentours de – 150000 ans, en sommes-nous arrivés à 7,5 milliards d’êtres humains ayant désormais colonisés l’ensemble de la Terre ?

C’est ce que va s’attacher à nous montrer Michel Magny. Plongeant aux origines d’Homo sapiens, il retrace son histoire jusqu’à nos jours pour déterminer les origines de l’anthropocène et tenter d’éclairer pourquoi notre espèce s’évertue à exploiter méthodiquement jusqu’à la rupture son unique niche écologique.

Société, politique, économie

En terme d’évolution, la vie en société est une caractéristique biologique de l’espèce Homo sapiens.

La politique organise la vie en société.

L’économie représente les échanges à l’intérieur et entre les différentes sociétés.

Quels ont été les agencements entre société, politique et économie au cours des âges et aujourd’hui ?

Depuis l’après guerre, le monde et les dégradations qu’il subie ont suivi une « grande accélération« . Que s’est-il passé ? Ce qui est notable aujourd’hui c’est que l’économie est globalisée, qu’elle semble déterminer chaque prise de décision politique et que le PIB mondial a autant explosé que les inégalités.

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Au final, à lire ce texte, on pourrait être pris du même type de déni que certaines personnes découvrant l’ampleur des changements climatiques et de la destruction du vivant. Ça secoue ! Mais le développement est parfaitement argumenté, clair, net, chirurgical. La conclusion laisse peu de place au doute.

L’économie-monde néolibérale qui s’est répandue sur toute la planète, où les gouvernements se succèdent mais où le modèle reste le même : extractivisme, productivisme, maximalisation des profits (et des dégâts environnementaux et humains qui vont avec) n’a pas de projet autre que sa propre optimisation. Ce qui fait l’humanité d’Homo sapiens est un frein à son efficacité, le vivant n’est qu’une ressource à exploiter, la Terre un produit jetable. Comment cela pourrait mal tourner ?

Le livre de Michel Magny est dense mais il a le mérite, contrairement à d’autres ouvrages grand public traitant de la crise écologique globale, de ne pas faire l’impasse sur la question politique et économique. Il invite donc à se réapproprier d’urgence la politique pour agir et faire en sorte que l’économie reprenne enfin sa place de moyen et non plus de fin.

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