
- Le capitalisme est-il la source de tous nos maux ?
- L’homéopathie soigne-t-elle ?
- La technologie pourra-t-elle nous sauver des changements climatiques ?
- Les pesticides sont-ils dangereux ?
- Va-t-on bientôt manquer de pétrole ?
Avez-vous remarqué que, lorsqu’on interroge un chercheur, notamment avec une question fermée, le début de sa réponse commence souvent par : « c’est plus compliqué » ?
La connaissance scientifique du réel implique rigueur et précision. C’est sa méthode qui lui permet d’aller au-delà des apparences et des fausses évidences.
Elle se construit lentement, morceau par morceau et strate après strate par la communauté scientifique suite à consensus. Chaque théorie esquisse une explication qui sera petit à petit gommée pour être redéssinée d’une manière plus fine et qui rend mieux compte du réel.
Elle nécessite également de la nuance car les explications avancées apparaissent comme plus ou moins probables plutôt que certaines.
Ce n’est que sur le temps long, esquisse après esquisse, que les théories se renforcent, deviennent de plus en plus probables, jusqu’à devenir quasiment certaines ; et inversement, dans le même temps, la communauté scientifique rejette petit à petit ce qui apparaît de moins en moins crédible.
Une étude scientifique, même si elle fait 100 pages, qu’elle a été menée par des dizaines de chercheurs et qu’elle s’appuie sur des centaines d’autres études, ne signifie donc pas grand-chose en elle-même.
C’est pourquoi il faut toujours rester très vigilant à la lecture d’un article de presse ou sur le web, lors du visionnage d’une vidéo ou d’une image partagée sur les réseaux sociaux :
Le rédacteur de l’article ou la personne qui intervient en vidéo peut ne pas avoir les compétences nécessaires pour traiter le sujet de manière rigoureuse, peut simplifier à l’extrême jusqu’à déformer le sujet à cause du format, voire tenter d’orienter votre opinion en fonction de ses propres idéologies ou intérêts, délibérément ou non.
De fait, même un livre de vulgarisation scientifique de 200 pages écrit par un véritable chercheur ne sera qu’une simplification non exhaustive de l’ensemble des connaissances actuelles sur un sujet donné. Cela restera néanmoins toujours plus fidèle et précis qu’une vidéo qu’on regarde en 5 minutes ou qu’un article qu’on lit en 10 minutes.
À titre de comparaison : le dernier rapport complet du GIEC paru en 2014 regroupe le travail de plusieurs milliers de chercheurs et compte plusieurs milliers de pages. Le rapport de synthèse fait 180 pages. Le résumé du rapport de synthèse pour les décideurs en fait 32.
Les personnes qui ont des réponses simples ou mono-causales aux problèmes du monde devraient vous mettre la puce à l’oreille, même (et surtout ?!) si elles vont dans le sens de votre propre opinion.
Ou bien n’avez-vous recherché cette réponse que parce qu’elle confortait a priori vos propres croyances ?